de Christian M. » Jeu 22 Jan 2009 16:24
Bonjour à tous!
Je m'appelle Christian Mogore, j'ai 52 ans, du sang écossais, espagnol, polonais, lituanien et un peu de sang froid dans les veines, quelques écailles au bout des doigts, une épouse adorable, Dorota, que j'ai réussi à plaquer (au sens rugbystique du verbe) un jour d'hiver, sur les pistes. C'était il y a vingt-quatre ans. Elle m'a donné deux galinettes cendrées sympas, Barbara 17 ans et Lydia 10 ans qui skient comme leurs parents, patinent (pas comme leur papa) et pêchent de temps à autre (avec leur papa).
Je suis né, je l'avoue, avec une cuillère pleine de petits hameçons dorés (BL) dans la bouche, d'un père passionnément pêcheur et rugbyman (champion de France avec Grenoble) et d'une mère sportive elle aussi, admirable et compréhensive.
L'appel de la pêche je l'ai entendu dès le berceau (Ici l'ombre...) un 8 juin de l'an 1956. A ce que l'on m'a rapporté, l'année la plus abominablement polaire de tout le XXe siècle. Les effets de ce vaccin perdurent. Ceux qui me connaissent savent bien que plus le temps est dégueulasse plus je m'amuse.
Après mon Aude natale, Narbonne, sa cathédrale, son stade ouvert aux quatre vents, le canal de la Robine qui a accueilli tant de bérets d'arbitres, la plage de Gruissan, là où j'ai fait mes premiers pas (faites gaffe pour la Salamandre, j'ai appris à marcher dans le sable.), nous avons déménagé à Roanne pour suivre mon troisième ligne de père. Là-bas, il y avait le rugby, le jeu à treize, le basket et...la Loire. A trois ans, mes premiers poissons en solo, trois perches soleil en no kill intégral. Suivirent quelques fritures de poissons chat, en full kill, filets et oignons.
A 6 ans, nous sommes alors à La Voulte, mon premier ballon ovale précède tout juste les premiers brochets arrachés au fleuve Rhône, les goujons, les truites et les écrevisses des Boutières, dans les grosses gouilles de l'Auzène. C'est le Moulinon magique du Monte Carlo et des fromages de chèvre. L'Ardèche d'avant Jean Ferrat et les Bataves. Que la montagne était déjà belle !
Il y a aussi les ablettes à la mouche (mais avec bulle d'eau et moulinet), les gros barbeaux de l'Eyrieux à la griotte, les petites bêtes bleues au tamis dans la rivière et les fourmis ailées ramassées à la mi-temps...de Ben Hur et de Lawrence d'Arabie, à la lumière puissante des néons de l'enseigne de notre cinéma Paradisio voultain, après l'attraction live du magicien, le documentaire, le dessin animé, les actualités et la pub de l'ami Jean Le mineur. Pour me récompenser, c'est moi qui distribue de temps en temps les tickets de l'entracte.
J'ai presque honte d'avoir brassé tant de bonheur.
Ensuite, arrivée pour moi et mes frères, mais retour pour nos parents...à Grenoble. La grande ville. Beurk! Heureusement, il y a les grands parents dans la campagne avoisinante, la montagne tellement haute et les rivières de plus en plus puissantes. Mon père connait. Il m'emmène, découverte du Drac, de l'Isère, de la Romanche, du Vernon, Bonne et Malsanne, Gresse et Bourne, Chéran et tous les ruisseaux des Bauges, mais aussi Fier, Filière et Nom, Borne et Dranses, Arc, Arve, Doron divers . C'est le temps de la grande canne métallique, la barre, qui pèse trois tonnes, petits lombrics et terribles vers de bois, qui grignotent les doigts et se bouffent entre eux.
C'est le temps de l'insouciance. Le temps des beaux paniers en osier, garnis de mousse et de fougères. La compétition avec mes oncles et mon père. Difficile. Ils sont forts. La maille est à 18 et le quota à 10 (pas depuis bien longtemps) alors, "beaux joueurs" et surtout pour prolonger le plaisir, on rejette tout ce qui fait moins de vingt-cinq. Les quotas sont atteints. C'est le temps des truites aux amandes.
J'ai toujours pêché à tout et un peu partout: palangrotte, surf casting, traîne, sonde, coup, carpe, filets, casiers, senne, épervier, longue canne, à la Sempé et à la mouche...depuis 1979.
J'ai découvert la mouche un peu après le journalisme et adopté le no kill intégral en même temps que la compétition.
Trente-deux années d'infos à flux tendus, avec la pression du quotidien, méritent bien quelques aménagements. Dans le coffre de la voiture ou la soute de l'avion, il y avait toujours une canne, entre la machine à écrire et les piles de doc.
A avoir tellement voyagé, je ne suis pas un adepte des voyages de pêche organisés, mais un fou furieux de la pêche en voyage...saisissez-vous la nuance ?
USA, Canada, Québec, Japon, Antilles, Irlande, Pays de Galles, Danemark, Suède, Norvège, Finlande, Allemagne, Belgique, Suisse, Autriche, ex-Yougoslavie, Croatie, Slovénie, République tchèque, Pologne, Slovaquie, Lituanie, Italie, Portugal, Espagne, Tunisie, Corse et notre extraordinaire France halieutique ont ponctué ma vie de pêcheur-journaliste de sport et mes vacances.
Depuis un an et demi, j'ai décidé de changer de rythme, gagner moins pour écrire encore plus, sur les sujets qui me passionnent: Pêche, univers du cirque et sports. Premier opus, il sera halieutique, fin 2009 ou début 2010.
Mais tout cela, pour ressembler vraiment à quelque chose, ou tout simplement exister, n'est rien s'il n'y a pas des rencontres. Avec vous par exemple. Ce sont ces moments qui façonnent notre vie, nous imprègnent le cerveau. Il y a le cercle familial, j'en suis fan, et ses bonus, les amis pêcheurs.
La compétition exacerbe tout, et en plus de nous offrir de pêcher des coins sympas, elle nous fait connaître des gens sympas.
J'apprend tous les jours, à chaque minute, d'un vétéran plus vétéran que moi ou d'un gamin tout aussi gamin que moi.
Seul l'esprit compte. Les rivières n'ont pas d'âge, elles coulent, simplement, comme le temps qui passe et nous rend sans doute plus sage.
Excusez-moi de m'être un peu étalé. J'ai dédordé...